13ème Journées Nationales de Géotechniques et de Géologie de l'ingénieur>
Expérimentation de la biocimentation des sols argileux sous chaussée pour l'adaptation des routes exposées au RGA
Lamine Ighil Ameur  1, *@  , Dimitrios Terzis  2, *@  , Ziad Sahlab  3@  , Lyesse Laloui  4@  
1 : Géomatériaux et géomécanique : couplages et dynamique en géotechnique
Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement
11 rue Laplace 41000 Blois -  France
2 : Medusoil SA
3 : Laboratory of Soil Mechanics, Swiss Federal Institute of Technology Lausanne (EPFL)
4 : Laboratory of Soil Mechanics, Swiss Federal Institute of Technology Lausanne (EPFL)
* : Auteur correspondant

Depuis 2015, la France métropolitaine connaît des sécheresses de plus en plus intenses, fréquentes sur des périodes plus longues, imputables au changement climatique dont la sécheresse exceptionnelle de 2022. Si jusqu'ici les routes exposées au phénomène de RGA « retrait-gonflement des sols argileux » sont pour l'essentiel des routes départementales, cela peut désormais concerner les routes nationales et les autoroutes dans certaines configurations. De nombreux travaux de recherche visent à développer de nouvelles solutions de prévention et d'adaptation des maisons et des routes face au changement climatique (Ighil Ameur, 2022).

Dans le département du Loiret, une expérimentation de la biocimentation a été réalisée en 2023 sur une portion de 230 ml de la route départementale RD151. Le procédé mis en œuvre repose sur des injections à basse pression d'une solution enzymatique visant à précipiter du carbonate de calcium (CaCO₃) à la surface des argiles plastiques. L'objectif est double : réduire la capacité d'absorption d'eau et donc le potentiel d'évaporation à l'origine du RGA, tout en augmentant la cohésion et la valeur d'entrée d'air du sol.

Un suivi de 24 mois, combinant observations de surface et instrumentation in situ a permis de comparer plusieurs zones traitées et non traitées par biocimentation. Les résultats montrent des comportements différenciés, liés à la profondeur d'injection, à la présence d'arbres induisant une forte variabilité hydrique, ainsi qu'à l'exposition solaire, générant des conditions de séchage plus sévères. Ces facteurs expliquent l'hétérogénéité des performances et permettent de dégager des critères pour l'optimisation des futures applications. Ce projet constitue une première dans un contexte géologique complexe sur un terrain en pente. Ce premier retour d'expérience à 2 ans ouvre de nouvelles perspectives pour l'utilisation de la biocimentation dans les stratégies de gestion des risques liés aux sols argileux sensibles aux variations hydriques.


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