La menace du réchauffement climatique appelle à une transition énergétique majeure. La stratégie de développement des énergies renouvelables intermittentes, nécessaires à cette transition énergétique, dépend très largement de la capacité à disposer de stockage d'énergie de masse. Le stockage souterrain d'hydrogène en cavités salines est l'option la plus prometteuse.
Le stockage d'hydrocarbures gazeux ou liquides dans des cavités de sel est une technologie mature. Plus de 2000 cavités sont aujourd'hui exploitées à travers le monde, nous disposons donc d'un retour d'expérience de plus de 50 ans. Cependant, le stockage de l'hydrogène soulève de nouvelles questions liées à la l'étanchéité des ouvrages à l'hydrogène et à leur sollicitation avec des cycles d'exploitation rapides et répétés qui pourraient s'avérer nécessaires pour équilibrer le système énergétique entre une demande d'une grande variabilité (journalière, saisonnière, et avec des pics de demande) et une production renouvelable largement intermittente (journalière, saisonnière également).
L'Allemagne, le Royaume-Uni et la France, pour ne citer que ces pays, prévoient d'investir plusieurs milliards d'euros par an pour développer le stockage d'hydrogène pour le mix énergétique global.
Le projet HyPSTER (2021-2025) est le premier démonstrateur de stockage souterrain d'hydrogène en cavité saline sponsorisé par l'Union Européenne. L'expérience a consisté à réaliser dans une cavité saline expérimentale des essais d'étanchéité (à l'azote puis à l'hydrogène) puis à injecter jusqu'à près de 3 tonnes d'hydrogène dans la cavité pour réaliser une centaine de cycles de variation de pression.
Cet article présente les résultats obtenus à l'issue de cette expérience en grandeur réelle et quelques analyses démontrant que le stockage d'hydrogène en cavités salines est une solution fiable qui pourrait permettre de répondre aux défis énergétiques de demain.

