13ème Journées Nationales de Géotechniques et de Géologie de l'ingénieur>
Préciser la configuration géotechnique du lac du parc des Buttes-Chaumont en compilant données historiques, mesures géophysiques et sondages géotechniques
Gildas Noury  1@  , Thomas Jacob  2, *@  , Jacques Deparis  1, *@  , Florian Masson  1@  , Isabelle Halfon  2, *@  , Marc Peruzzetto  1@  
1 : Bureau de recherches géologiques et minières
Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), Bureau de Recherches Géologiques et Minières
2 : Bureau de recherches géologiques et minières
Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM)
3 avenue Claude Guillemin BP 36009 45060 ORLEANS Cedex 2 -  France
* : Auteur correspondant

Le parc des Buttes-Chaumont à Paris présente des signes de vieillissement et de mouvements de terrain qui ont nécessité de fermer certaines zones au public. Dans le cadre d'un réaménagement d'ampleur, la ville de Paris a souhaité préciser la configuration du secteur, notamment au niveau du lac. Le BRGM a pour cela complété une synthèse historique initiée en 2022.

Les archives relatent plusieurs effondrements survenus au niveau du lac au cours de son aménagement (1864-1867) et peu de temps après. Ces mouvements s'expliquent par une configuration géotechnique sensible aux apports d'eau non maitrisés venus du lac. L'ouvrage, originellement non étanchéifié, repose en effet sur des remblais argileux et gypseux, atteignant par endroit 12 m d'épaisseur ; ces remblais comblent d'anciennes carrières à ciel ouvert, en dessous desquelles se trouvent également d'anciennes carrières souterraines. Après de nombreuses petites réparations infructueuses, deux phases de réfection d'ampleur ont été entreprises dans les années 1900-1910, puis 1950-1960 ; le fond du lac est alors « devenu » une dalle portée par 350 pieux environ et il n'est plus apparu de nouveaux désordres d'ampleur. Le BRGM a toutefois observé en 2021 des instabilités sur les bords du lac et des fissures sur ses dalles.

Les mesures géophysiques effectuées en janvier 2024 (microgravimétrie et géoradar - BRGM) confirment en grande partie la configuration des ouvrages anciens et identifient plusieurs anomalies, pouvant a priori correspondre à des zones instables. Les sondages géotechniques effectués par la suite n'ont pas révélé de grands vides sous les dalles mais ont détecté quelques petits vides et des matériaux peu résistants correspondant vraisemblablement à des remblais ayant évolué. L'ensemble de ces analyses a alimenté la conception des ouvrages à venir, en permettant notamment 1) d'évaluer les risques de mouvements de terrain et 2) de fournir un plan des ouvrages anciens avec la profondeur supposée des pieux.


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