Les fondations des ouvrages d'art en rivière sont soumises à de multiples sollicitations extérieures et à diverses sources de dégradation. Parmi celles-ci, l'érosion représente un phénomène particulièrement destructeur : en retirant le sol support sous et autour de la fondation, elle peut entraîner une perte de portance et, in fine, la ruine de l'ouvrage. L'exemple le plus connu en France reste l'effondrement du pont Wilson en 1978.
Pour surveiller et anticiper les risques liés à l'affouillement des fondations, le RTRI (Railway Technical Research Institute, Japon) a développé une méthode d'auscultation non destructive, fondées sur la mesure dynamique des fréquences propres des piles des ouvrages d'art (Nishimura & Tanamura, 1989 ; Pham, 2017). Ainsi, en mesurant le comportement dynamique des piles sous l'impact d'un boulet en acier, il est possible d'évaluer les variations du niveau d'affouillement relié à la variation de rigidité de la fondation.
Cependant, le référentiel établi par le RTRI, conçu principalement pour les ouvrages à tablier typiques du Japon, nécessite une adaptation pour être transposable aux typologies d'ouvrages de France métropolitaine, qui incluent des ouvrages historiques en maçonnerie et en arche.
Afin d'évaluer la pertinence de cette approche pour différentes typologies d'ouvrages d'art, cette étude propose de réaliser des essais de réponse dynamique sous impact sur des modèles réduits de pont, dans des conditions contrôlées. Plusieurs configurations d'ouvrages ont été étudiées :
- Ponts à tablier ou ponts en arche,
- Fondations sur semelle ou fondations mixtes,
- Différents niveaux d'affouillement.
Le comportement des piles du pont modèle est observé sous un impact, à l'aide d'accéléromètres. Les signaux obtenus, analysés en fréquence, qualifient alors la fondation. Une diminution de la fréquence propre traduit ainsi une dégradation de la fondation. Ces essais doivent permettre de vérifier les critères de la méthode japonaise dans les différentes configurations testées, les modifier le cas échéant.

