Ce travail propose une approche théorique innovante pour la communauté de l'ingénierie géotechnique et de la construction, invitant à repenser les méthodes d'instrumentation et de suivi des ouvrages, tant en phase de construction que d'exploitation. L'étude s'appuie sur une analyse approfondie du critère de travail du second ordre, permettant de qualifier la stabilité des sols ou des massifs rocheux environnant un ouvrage.
Les travaux de recherche récents, exposés lors de cette conférence, révèlent qu'en l'absence de variations des pressions interstitielles, il est possible d'évaluer avec précision la stabilité globale d'un massif de sol à partir de mesures locales. Ces mesures incluent les incréments de réaction et de déplacements observés en périphérie du massif, soumis à des sollicitations externes (travaux ou charges). Pour les structures de soutènement, cela implique un suivi en temps réel des réactions et des déplacements aux « nœuds » de l'interface entre le sol et la structure.
Cependant, cette approche se heurte à un défis technique majeur : la difficulté d'effectuer des mesures directes à cette interface. Malgré cela, ce résultat théorique ouvre la voie à un suivi continu de la stabilité en combinant les données d'instrumentation avec des modèles mécaniques adaptés, dont la description géométrique peut se limiter à la zone proche de l'interface, voire de se limiter à la description du seul soutènement si on inclut l'interface dans le massif de sol, plutôt que de couvrir l'ensemble du massif de sol.
Pour illustrer cette approche, deux études de cas concrets seront présentées.
- Le suivi de la stabilité du massif environnant un tunnel en cours de creusement.
- L'analyse de la stabilité d'une paroi moulée durant les phases d'excavation.
Cette approche pourrait révolutionner les pratiques actuelles de suivi géotechnique, en optimisant la sécurité et la réactivité face aux aléas.

