13ème Journées Nationales de Géotechniques et de Géologie de l'ingénieur>
De l'utilisation du bruit de fond sismique pour l'imagerie et le suivi temporel des glissements de terrain argileux. Application au glissement d'Harmalière (Isère, France)
Grégory Bièvre  1, *@  , Stéphane Garambois  1@  , Agnès Helmstetter  1@  , Ludovic Métivier  1@  , Giuseppe Provenzano  1@  , Thomas Condom  2@  
1 : Institut des Sciences de la Terre
Institut de Recherche pour le Développement, Université Savoie Mont Blanc, Centre National de la Recherche Scientifique, Université Gustave Eiffel, Université Grenoble Alpes
ISTerre, OSUG-C (Maison des Géosciences), 1381, rue de la Piscine, 38610 GIERESISTerre, Université Savoie Mont Blanc, Campus Scientifique, 73376 Le Bourget-du-Lac Cedex -  France
2 : Institut des Géosciences de l'Environnement
Institut de Recherche pour le Développement, Institut National des Sciences de l'Univers, Centre National de la Recherche Scientifique, Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement, observatoire des sciences de l'univers de Grenoble, Université Grenoble Alpes, Institut Polytechnique de Grenoble - Grenoble Institute of Technology
UGA - IGECS 4070038 058 Grenoble Cedex 9 -  France
* : Auteur correspondant

Le glissement d'Harmalière présente des réactivations soudaines, sous forme plastique à l'amont et qui évoluent en coulée à l'aval. Depuis sa dernière réactivation majeure (juin 2016), le site est instrumenté avec, notamment, des sismomètres. L'analyse du bruit de fond sismique a permis de déterminer les variations relatives de la vitesse des ondes de surface entre différentes configurations de capteurs. Les résultats montrent deux chutes importantes de vitesse jusqu'à quelques jours avant deux réactivations d'un volume d'environ 100 000 m3 chacune (janvier 2017, février 2021). Ces deux réactivations ont été causées par des événements de foehn, associés ou non à de la pluie, et durant lesquels des augmentations brutales de température ont permis de faire fondre rapidement la couverture neigeuse et d'infiltrer l'eau dans le sol.

En parallèle, pour comprendre ce qui pourrait contrôler la transition glissement-coulée dans la partie centrale, une tomographie 3D par bruit de fond sismique a été conduite à l'aide de 100 capteurs. Ceux-ci ont été disposés dans la partie centrale du glissement durant un mois en juin 2021, et couvraient une surface de 800 × 650 m². Les résultats suggèrent la présence, à quelques dizaines de mètres de profondeur, d'un bombement de matériaux rigides (paléo terrasses fluviatiles). Ceux-ci pourraient servir de butée mécanique à l'amont de laquelle les matériaux argileux qui s'accumulent progressivement augmentent la contrainte cisaillante au sein du glissement. Une fois la contrainte critique atteinte, les sédiments argileux adoptent un comportement fluide et évoluent en coulée.

Ces résultats confirment l'intérêt du bruit de fond sismique pour l'imagerie des glissements, mais également dans le but de développer des systèmes de surveillance opérationnelle.


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