La problématique des argiles gonflantes de type Karal rencontrées dans les régions septentrionales du Cameroun intéresse depuis de nombreuses années des chercheurs du monde entier en raison de leurs mouvements de retrait-gonflement à l'origine des fissures observées sur les bâtiments, les routes et les barrages en terre. La construction des routes sur le Karal représente un défi majeur au regard de sa faible portance (CBR=0,66) et de son gonflement élevé (entre 8 et 9%). Des études antérieures ont montré une amélioration des propriétés de ce sol gonflant contenant des argiles montmorillonitiques, après un traitement mixte chaux - ciment. Cependant, le ciment demeure un matériau à fort impact environnemental (émissions élevées du CO2) et onéreux compte tenu de la rareté de la matière première (le clinker) qui est souvent importée. Face à ces contraintes, une solution alternative est proposée sous la forme d'un traitement mixte avec des combinaisons de chaux éteinte (rarement utilisée en Europe) et de sable (abondant et peu cher voire encombrant s'il n'est pas valorisé). Les résultats des tests avec un traitement de type chaux éteinte (3% ou 5%) avec du sable (35%, 50% ou 65%) ont montré une amélioration de la portance du sol de 0,66 à 134, et une réduction de l'indice de plasticité (de 31,1 à 8,4) compte tenu d'un effet de dilution et d'un effet chimique, ainsi que qu‘une réduction du gonflement linéaire (de 8,06% à 0,03%). Le test de durabilité basé sur l'application de cycles d'humidification/séchage selon un protocole propre au contexte local, a permis également de montrer qu'il est possible d'utiliser les sols Karal traités, en couche de chaussées, sous réserve de respecter certaines dispositions constructives. Cette pratique de traitement mixte trop peu répandue encore permettrait de réduire à terme considérablement le coût des travaux routiers au Cameroun.

