Le développement des infrastructures de transport contribue de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre. Pour limiter leurs impacts, le recours au traitement des limons à la chaux et aux liants hydrauliques bas carbone est une solution courante. Toutefois la durabilité de cette solution face à des sollicitations mécaniques et hydriques répétées est encore mal connue et reste à caractériser, en particulier dans le contexte climatique futur. Dans ce cadre, cet article se concentre sur la présentation et la validation du protocole expérimental développé pour étudier ces mécanismes d'endommagement, en combinant des sollicitations hydriques et mécaniques ainsi que des outils d'analyse avancée en vue de proposer à terme un indicateur d'endommagement des limons traités. Pour cela, huit éprouvettes stabilisées avec 1 % de chaux et 5 % de CEMIII/A seront reconstituées en laboratoire puis mises en cure durant 180 jours. Quatre scénarii hydriques seront envisagés pendant cette cure : (1) éprouvette non immergée en permanence, (2) et (3) éprouvette immergée par intermittence (scenarii intermédiaires), (4) éprouvette immergée en permanence (scenarii extrêmes). Les scenarii (2) et (3) seront définis à partir des précipitations caractéristiques et plausibles, en lien avec les différents niveaux de réchauffement climatique prévus dans une zone géographique d'intérêt. Les éprouvettes seront ensuite soumises à des cycles mécaniques répétés (jusqu'à 1 000 000). L'évolution de la fissuration sera suivie par tomographie à rayon X, une technique permettant une observation interne non-destructive de l'endommagement. Cette démarche constitue une étape de validation méthodologique préalable à l'obtention et à l'analyse de résultats expérimentaux futurs sur la durabilité et la résilience des ouvrages en terre dans un contexte de changement climatique.

