La réduction de l'empreinte carbone des ouvrages impose d'intégrer l'ACV dès l'amont des projets. En géotechnique, les fondations profondes présentent des impacts élevés, alors que des techniques d'amélioration/renforcement des sols peuvent offrir de meilleurs compromis. Nous présentons une méthodologie d'aide à la décision en deux temps : (i) un logigramme qui présélectionne les techniques applicables selon les conditions de site (nature et profondeur des sols, nappe, voisinage sensible, contraintes d'exécution) ; (ii) un écoscore basé sur l'AHP (Analytic Hierarchy Process) hiérarchisant les alternatives avec des critères environnementaux priorisés. Conformément au cadre ACV du secteur, l'évaluation préliminaire porte sur A1–A3 (matériaux) et A5 (énergie de chantier), permettant une comparaison robuste en phase pré‑projet. La démarche est illustrée par un cas académique réel (bassin circulaire sur remblai sableux saturé sur argiles molles) où la solution exécutée, inclusions rigides, est confrontée aux scénarios présélectionnés. L'écoscore met en évidence que, sous conditions de granularité et faible teneur en fines, la vibrocompactage peut constituer une alternative moins carbonée, sous réserve de maîtriser les vibrations vis‑à‑vis des avoisinants. La méthode ne remplace pas une ACV quantifiée complète ; elle fournit un classement comparatif traçable pour orienter les choix, avant dimensionnement détaillé et intégration d'éléments sensibles (A4 transports, coûts, délais, nuisances).

