Les techniques de réemplois des sols excavés permettent de réduire les prélèvements en matériaux nobles (200 millions de T/an). Cela permet également de réduire l'empreinte carbone des projets en limitant le transport et la mise en dépôts des terres.
Le traitement des sols notamment à la chaux est devenu une technique courante depuis plusieurs décennies et est bien maîtrisé pour des sols de type F1 et F2 (GTR et GTS). Toutefois, le changement climatique et les évènements extrêmes qu'il génère (pluie intense, sécheresse ...) pose la question de la durabilité de ces traitements.
La présente communication vise à présenter un sol fin F1 traités à la chaux mis en œuvre pour un démonstrateur de digue. L'ouvrage, soumis aux sollicitations de son environnement, a ensuite été suivi lors de 4 campagnes d'essais à l'érodimètre à jets mobiles (Mobile Jets Erosion Test, MoJET) pour en évaluer la sensibilité à l'érosion sur plusieurs années. Cet appareil émet, avec un débit contrôlé, 6 jets d'eau rotatifs qui viennent impacter la surface à tester, l'eau étant ensuite récupérée avec le sol érodé à différents pas de temps. Ces effluents sont ensuite séchés. Il est ainsi possible de déterminer les masses érodées et les taux d'érosion à différents pas de temps.
Les résultats montrent une sensibilité à l'érosion de surface (couche sacrificielle) supérieure à 100 g/min et un maintien en profondeur des propriétés d'érodabilité essentielles pour une digue. Les campagnes d'essais d'érosion à l'érodimètre étalées sur plusieurs années permettent de confirmer le maintien de cette propriété hydromécanique du sol traité à la chaux en profondeur et la formation d'une zone de dégradation superficielle. Ces résultats encourageants permettent de démontrer la bonne tenue des sols traités dans le temps et de confirmer qu'ils sont une solution possible en termes de résistance à l'érosion des ouvrages en terre.

