Les monopieux constituent la solution de fondation la plus largement adoptée pour les éoliennes offshores fixes, en raison de leur simplicité structurelle et de leur compétitivité économique. Leur dimensionnement n'est pas régi par les charges verticales issues du poids propre de la turbine, mais principalement par les actions latérales générées par le vent, les vagues et les courants marins. La prédiction précise de la flèche en tête de pieu, de la rotation, et du moment fléchissant maximal sous sollicitations latérales monotones et cycliques est donc essentielle pour garantir la résistance structurelle et la durabilité de l'éolienne.
Le dimensionnement des monopieux dans le sable était généralement limité par la rareté de données expérimentales sur leur réponse sous chargements latéraux, en particulier pour les pieux de grand diamètre. Toutefois, ces dernières années, plusieurs grands projets de recherche industriels ont fourni des résultats expérimentaux, grâce à des essais in situ avancés et à des expérimentations en centrifugeuse menées sur des monopieux de diamètre pouvant atteindre 10 m et présentant des rapports d'élancement compris entre 2 et 10.
La présente étude exploite les résultats expérimentaux obtenus lors de ces récentes campagnes d'essais et évalue la capacité des simulations par éléments finis et des modèles de courbes p–y à reproduire la réponse latérale des monopieux de grand diamètre dans le sable. Elle identifie également les limites des formulations conventionnelles des courbes p–y lorsqu'elles sont appliquées à des monopieux rigides, et donne des perspectives d'amélioration de ces modèles. Les résultats obtenus contribuent à une meilleure compréhension de l'interaction sol–structure sous chargement latéral et apportent des recommandations utiles pour le développement de courbes p–y, calibrées à partir des données expérimentales.

