L'analyse proposée se base sur les données du projet Paravalanche de la Marionnaise, dans les Hautes-Alpes où la construction de fondations sur micropieux exige une caractérisation précise du schiste situé sous une profondeur très variable d'éboulis (de 2 à 20 m). L'objectif principal était d'analyser les données de forage des 250 micropieux dans le but de mieux comprendre la stratigraphie, distinguant schiste sain et schiste fracturé. Ainsi, la problématique visait à savoir comment l'analyse de ces données permet de compléter les reconnaissances et mieux cerner la variabilité du terrain..
La méthodologie a commencé par l'extraction des données des fiches de forage, suivi d'un prétraitement des données brutes (vitesse d'avancement, pression sur outil, couple de rotation), incluant le rééchantillonnage et la filtration des bruits. L'approche a été complétée par des méthodes exploratoires (écart-type mobile, gradient, entropie). Ensuite, l'analyse s'est principalement concentrée sur deux algorithmes : le KNN qui a servi à prédire les types de sol, et l'algorithme de Fisher qui a servi à identifier les changements de terrain et à localiser les interfaces. Une application web a été mise en place pour le KNN, avec des bases de données d'entrainement spécifiques aux foreuses pour affiner les prédictions. L'indice de Somerton modifié a aussi été utilisé pour valider l'algorithme de Fisher.
Les résultats obtenus ont pu montrer la cohérence du toit du rocher sain déterminé par Fisher avec les observations des foreurs. Le KNN a prédit la classe de sol avec une bonne précision (éboulis et schistes compacts), avec des confusions entre schistes fracturés et éboulis. Le paramètre « Vitesse d'Avancement » s'est avérée fiable pour identifier l'interface éboulis et schistes compacts.

