Développée dans les années 1960 au Japon et dans les pays nordiques, la technique du Deep Soil Mixing (DSM) améliore les sols in situ par ajout de liants hydrauliques. Initialement utilisée pour le renforcement des sols, elle s'applique aujourd'hui aux ouvrages de soutènement grâce à son coût compétitif et son faible impact environnemental. Cependant, sa durabilité face aux sollicitations environnementales, telles que les cycles hydriques, reste peu étudiée.
Cette étude évalue la durabilité des matériaux DSM soumis à des cycles humidification-séchage (H/S) et sollicitations mécaniques (M). Des éprouvettes, composées de limon des plateaux de la région parisienne et d'un ciment CEM III/C 32.5 N (150, 250, 400 kg/m³), ont été mises en cure 56 jours à 40 °C, puis soumises à des cycles de 12 j de séchage à 50 % d'humidité relative suivis de 2 j d'immersion.
Afin d'évaluer l'effet combiné du chargement mécanique et des variations hydriques (M et H/S), un dispositif expérimental spécifique a été conçu. L'éprouvette est placée dans une enceinte à hygrométrie contrôlée, une presse étant utilisée pour appliquer la charge axiale. L'humidité relative est contrôlée par un système utilisant une solution saline saturée. Un système de circulation permet de contrôler l'humidité au sein de l'enceinte qui est mesurée à l'aide d'un capteur.
Les résultats révèlent une dégradation significative des éprouvettes à faible dosage cimentaire dès le premier cycle, les rendant inadaptées aux ouvrages permanents. Seules les formulations à 400 kg/m³ résistent efficacement aux cycles (H/S). Par ailleurs, en comparant le fluage en conditions endogènes (M) et les sollicitations couplées (M et H/S), des endommagements mécaniques ainsi qu'un taux et une vitesse de déformation plus élevés ont été observés pour (M et H/S), soulignant la nécessité d'intégrer ces effets dans les analyses de durabilité. Ces observations confirment l'influence conjointe (M et H/S) sur la pérennité des ouvrages.

